RRomane Ćhave

Photographies de charles van lith

 
 

Mille fois évoquée, la situation des Rroms est tristement célèbre. Victimes de lourds préjugés et d'un racisme qui n'émeut quasiment plus personne, ils doivent en général survivre avec le double handicap de naître pauvres et rroms. Des millions d’Européens d’origine Rrom font l’objet d’une exclusion sociale de grande ampleur. Personne n'en veut, et pourtant ils ne demandent que cela, de travailler pour vivre, tout simplement.


Pourquoi "rromane ćhave", les enfants rroms (en langage Rrom) ?


En mai 2008, je participe à un voyage de découverte organisé par la grande danseuse Simona Jovic dans les
banlieues Rroms de Suto Orizari et Topaana, à Skopje, dans les Balkans. 40 à 50.000 personnes vivent dans un endroit que d'aucuns nomment bidonville. C'est un choc. Une amie me dit se retrouver projetée en Inde. Les premiers contacts viennent d'abord par les enfants, vifs et intelligents, débordants de sourires, de joie de vivre, de vitalité, malgré la misère évidente. Je reviens marqué et changé de ce voyage, même si je ne le sais pas encore.


Septembre 2009. Rien à faire, je retourne à Skopje, hébergé par des Rroms musulmans qui vont vite devenir des amis. Des ONG travaillent comme elles peuvent sur le terrain, des contacts s'établissent. Tout n'est pas rose, aider utilement les adultes est complexe et souvent décevant. Reste les enfants, que l'école peut encourager à sortir du ghetto. Je recherche un gamin rencontré en 2008. Cenar dort dans la rue, plus de maman, père en prison. Dix jours plus tard, c'est le parcours du combattant. J'accompagne Ljatifah, de l'ONG Ambrela, durant deux jours, pour
le faire ré-admettre à l'école, même s'il n'en a plus le droit. Deux mois encore et trois autres enfants viennent rejoindre Cenar. Ça y est, je suis accro.


"Kher bi ćhavenqo, devel bi ćaxrainĕnqo" Maison sans enfants, ciel sans étoiles, dit le proverbe. Cette exposition de photographies se propose de montrer les Rroms tels qu'ils sont vraiment, à travers ce qui leur est le plus précieux, leurs enfants. Une image vaut bien des mots et peut bousculer des idées reçues, tout comme l'instruction. L'école reste d'ailleurs leur meilleur moyen de sortir des ghettos et d'accéder à une vie plus normale.


Mes photographies n'ont pas pour but de vous émouvoir gratuitement, pour vous faire aimer le peuple Rrom contre votre gré. Mais si vous ressentez à travers elles ce que j'ai vu et compris, vous et moi partagerons quelque chose de précieux: la confiance, le respect mutuel.


Charles van Lith, février 2011


 

Une proposition dU

Centre Culturel Régional

de Verviers

avec le soutien de
La médiathèque


En collaboration avec le

Centre régional de verviers pour l’intégration des personnes étrangères

 

L’EXPOSITION

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